Pour améliorer la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, certains produits sont exposés à des rayons ionisants afin de réduire la quantité de micro-organismes. Cette méthode détruit les molécules d’ADN et d’ARN des cellules contenues dans le produit et donc des parasites pouvant s’y trouver, des micro-organismes comme les levures ou les bactéries (dont les bactéries pathogènes comme les salmonelles qui peuvent être mortelles), mais aussi des cellules vivantes du produits en lui-même. Ainsi, les graines ionisées et bulbes ne peuvent plus germer. Cette méthode à l’avantage d’augmenter considérablement la durée de conservation des aliments mais diminue leur teneur en micronutriments (comme les vitamines E, A et K ainsi que la thiamine) et d’augmenter les radicaux libres. 1 2

Logo indiquant que le produit a été irradié (ionisé). La loi oblige à l'étiquetage de ce traitement sur les aliments et on peut trouver les mentions suivantes : "traité par rayonnements ionisants" ou "traité par ionisation". Dans la pratique, ce logo n'est jamais utilisé en France.
Logo indiquant que le produit a été irradié (ionisé). La loi oblige à l'étiquetage de ce traitement sur les aliments et on peut trouver les mentions suivantes : "traité par rayonnements ionisants" ou "traité par ionisation". Dans la pratique, ce logo n'est jamais utilisé en France.

Cependant, des études ont pointé du doigt les effets probables sur la santé et notamment cancérigène 3. La question qui se pose est toujours celle de la balance bénéfice - risque. Le risque de l’utilisation de la ionisation est-il plus faible que celui de consommer des produits non ionisés par la population ? Pour cela, il faudrait que de réels contrôles sur la quantité d’irradiation subite par les produits soient faits, pour ne pas risquer un scandale comme il y en a eu sur les croquettes pour chats 4 en Australie (provoquant de graves paralysies). Les seuls contrôles existants sont actuellement sur le respect de l’étiquetage…

(…) aucune technique ne permet d’estimer la dose d’irradiation et la date. C’est une aberration que d’autoriser une technique, l’irradiation, sans même savoir s’il existe un moyen de contrôler a posteriori. 5

Libre au consommateur de choisir, en toute connaissance de cause, un produit traité par ionisation ou non (grâce aux étiquetages mis en place). Encore faut-il que suffisamment d’études scientifiques soient réalisées pour que ce choix soit “éclairé” et que le consommateur soit au fait de l’ionisation des produits qu’il consomme. Voici la liste des denrées pouvant être ionisées et autorisées à la vente en France 6 :

Les fraises, les oignons, l’ail, l’échalote, les flocons et germes de céréales pour produits laitiers, les légumes et fruits secs, la farine de riz, la gomme arabique, la viande de volaille, les abats de volaille et les viandes de volaille séparées mécaniquement, les cuisses de grenouille congelées, le sang séché, le plasma, et coagulats, les crevettes congelées décortiquées ou étêtées, le blanc d’œuf (liquide, déshydraté ou congelé), la caséine et les caséinates, les camemberts au lait cru, les épices, aromates secs et herbes aromatiques surgelés, les aliments composés irradiés pour animaux de laboratoire, le colostrum bovin pour l’alimentation des veaux.

Si vous avez raté le documentaire “Aliments irradiés, mauvaises ondes dans nos assiettes ?” de France 5, vous pouvez regarder sa rediffusion :

  • Dimanche 22 mars à 16h10
  • Jeudi 2 avril à 16h35
Affiche du documentation "Aliments irradiés, mauvaises ondes dans nos assiettes ?"
Affiche du documentation "Aliments irradiés, mauvaises ondes dans nos assiettes ?"

Résumé :

L’industrie agro-alimentaire garde jalousement ses secrets, surtout quand ils peuvent susciter l’inquiétude des consommateurs. Parmi ceux-ci, l’irradiation que subissent certains aliments, officiellement pour favoriser leur conservation. La radioactivité permettrait en effet de tuer les bactéries des nuggets, des crevettes, des épices, entre autres. Mais certains murmurent que cette technologie, étiquetée sans danger pour la santé humaine, aurait des effets secondaires. Lequels ? Et comment en savoir plus sur le sujet ? Cette enquête tente de s’immiscer au coeur de l’une des pratiques les plus opaques de l’industrie agro-alimentaire.

Sources